2012 tire sa référence. L’heure est aux bilans.

Adieu 2012.

Je ne suis pas de ces personnes qui tiennent un journal intime. Trop vaste devoir. Peu crucial. Pas assez d’assiduité. (En fait, connais-je même des gens qui en tiennent un vraiment ?) En revanche, une chronique de fin d’année me distrait. Se remémorer, (s’)approfondir. S’expliquer à soi-même.

2012, une année charnière à bien des égards. Les aventures, les projets. Tous ces rouages se sont imbriqués pour te galvaniser un curriculum vitae par-ci, mais aussi pour t’éclairer par-là sur ton caractère, tes ambitions et tes limites.

2012 se divise en deux actes.

Plusieurs tableaux.

Peu d’entractes.

Une année trop bien remplie.

Part 1. Idyllique.

Part 2. Chimérique. Tout faire, really ?

 

Janvier

Après une journée de ski à Bromont et autour d’un beau feu de foyer, quatre amies (communément appelées Les Beaux Dimanches – clin d’œil à la pièce de théâtre québécoise de Marcel Dubé) enfermaient les idées de leur avenir dans une boîte scellée. Sur un bout de papier, elles avaient indiquées, individuellement puis collectivement, où elles se voyaient à 30 ans au niveau carrière, vie personnelle, lieu de résidence, plus grand succès, pire échec. À ouvrir lors de leurs 30 bougies : même moment, même endroit, même situation c’est-à-dire avec un Fumées Blanches bien entamé. Cheesy, je l’accorde. Agréable somme toute. À peine en 2012 qu’elles envisageaient déjà 2021. Un peu de dyslexie, et on revient du pareil au même anyway.

- Puis, une semaine à Holguin, Cuba avec les paternels avant que je ne parte. Family primetime.

- Participer aux activités du HEC sans devoir y étudier.

- Resto ici, bistro là-bas. Beaucoup de Juliette et Chocolat. Pour revoir les gens.

- Skier.

- Entamer ses valises.

 

Février

- Goodbye party avec tous les amis. Dernier souper avec la famille.

- Major packing time.

 

Auf Wiedersehen Montreal !

DÉBUT DE L’ÉCHANGE À VIENNE, AUTRICHE.

La meilleure buddy qui m’accueille à l’aéroport. Linz. Party. Opéra de Vienne. Château de Princesse Sisi. Carnaval de Venise. Graz. Party. Prédrink. Party. Bar. Brasserie. Bar 2. Vie d’échange. Belles rencontres de tout partout dans le mooooonde #TropFou. Découverte de la plus belle ville au monde. Nouvelle maison.

 

Mars

- Semester kick-off party boat. Rencontre de M. Le plus beau Viennois. Pis le plus fin aussi. Pis le plus toute. Ouais, c’est ça. Le début d’une histoire.

- Le 5 annonce le début des cours. (Après que le HEC ait fini ses intras tsé.) Jamais une semaine ne ressemble à l’autre. La beauté des horaires de la Wirtschaftsuniversität Wien. Parfait pour les voyages. J’enchaîne donc, semaine après semaine, Bruxelles, Ghent, Bruges, la St-Patrick à Dublin avec les HEC party people égalementen échange en Europe, Rome. S’immiscent 3 présentations orales et 2 rapports. C’est du sérieux quand même. Trimballer son ordi en voyage et faire ses travaux sur les bancs d’aéroport. Y’en n’a pas de problème ! Élève modèle.

- 21 années. Étalées sur 4 jours et fêtées dans 3 villes, 3 pays. #yolo. Plein d’amis. Budapest, Vienne, Berlin, merci.

 

Avril

- Le meilleur roadtrip possible en Allemagne. 3 gars, 1 fille. Love Soldiaz and Groupie. Berlin-Dresden. Déambuler sereinement dans les cités. Autobahn en Audi 180 km/h standard, bars, fous rires.

- Skitrip à Zell am See. Les Alpes autrichiennes, rien de moins.

- Plein d’amis montréalais de passage dans la métropole. Plein de tours guidés.

- Le printemps sans érable viennois. Splendide ville. Je ne le dirai jamais assez.

- Il fait chaud déjà. Shorts, sandales, plage le long du Danube.

- Les parents arrivent. Je me fais gâtée, je me sens choyée.

 

Mai

- Un prof qui paye une tournée de bière à ses étudiants après son dernier cours. Un stand à cocktails sur le parvis universitaire. Décidément, l’Autriche surprend.

- Un mois intense au niveau scolaire. Staying in town. Plein de travaux. Étudiante après tout. Malgré tout.

- Roadtrip pittoresque à travers l’Österreich avec maman et papa. Hallstatt. Salzburg. Innsbruck. Voir du pays.

 

Juin

- Alghero, Sardaigne. Playaaaaa.

- Last class. Ouéééé

- Inéluctables visites de musées, parce que j’aime bien. Concert de l’orchestre philharmonique de Vienne en plein air à Schloss Schönbrunn.  

- La Croatie avec la British et la Parisienne. Split, Dubrovnik, Zagreb. De beaux endroits. De beaux moments.

- Des 4@7 sur les balcons de la résidence. Gros luxe.

- Le départ de bons amis. Les au revoir sont pénibles, amers, consternants. Quelques larmes. Beaucoup de morosité.

- Fin du bail à Haus Panorama. Déménagement chez M.

- 29 juin, dernier jour possible de la session : Mon dernier examen évidemment, inexorablement.

- Deux amis de Montréal débarquent en ville. C’est la 3e fois que je les croise. L’Europe c’est un gros village. Débauche de fin de session. Viennese Nightlife. Où la ville vibre encore quand le soleil se lève. Profiter des vacances.

 

Juillet

- Entrevue et résolution de cas par Skype c’est-à-dire tenter sa chance pour le cas académique de Gestion des Opérations aux Jeux du Commerce. Mission accomplie. Ce sera une belle année.

- Une semaine dans le Burgenland, la campagne autrichienne au Sud de la capitale. Hameau de 350 habitants. Chez la belle-famille. Ich spreche ein bisschen Deutsch, ja. Découvrir l’accueil chaleureux et sous-estimé des hôtes autrichiens.

- Vivre comme une Viennoise 6 derniers jours. Mais agir comme une touriste. Pour revoir, pour refaire, pour regoûter. Pour exister. Aimer la ville. En être friande, éprise. Ne pas vouloir la quitter. Lui dire un triste adieu. Rempli de mélancolie. Le cœur serré.

- S’envoler pour la Grèce avec son homme. 8 jours de pur délice, de quiétude, de félicité. Mykonos et ses plages. Santorini et ses couchers de soleil. Des clichés. La quintessence du bien-être. Être amoureuse.

- Une éprouvante séparation. Des pleurs, des baisers, des lettres. Cette situation où tu marches, tu poses un pied devant l’autre, tu avances en regardant derrière toi, en voyant l’être cher devenir un ridicule minuscule petit point dans les méandres de la foule, de ton esprit vagabond. Tu te lamentes, tu sanglotes. Il s’estompe, disparaît. Ad vitam aeternam ? Tu l’ignores. Vague à l’âme, affliction, chagrin. Tu piétines, tu t’effondres.

 

Piètre lyrisme. Pardon.

 

RETOUR À MONTRÉAL. (Il faudra un certain temps pour la surnommer « maison » à nouveau.)

- Revoir ses amis de jadis. Surprendre sa meilleure amie qui te remplace au bureau. Puis le moment fatidique de Skyper. De voir ce que l’écran daigne te montrer. Un être virtuel. La nostalgie t’emporte. Le temps sera long, longtemps. Essayer de se changer les idées. Sortir. La vie goûte moins bon. Les partys sont plus moches. Les étoiles, moins brillantes. Ta vision s’est transformée. « C’est en revenant à un endroit où rien n’a bougé qu’on réalise à quel point on a changé. » - Nelson Mandela

- Tu essaies. Tu vas au chalet. Tu déménages en appartement. Tu noies ta peine dans des 45 heures de travail/semaine. Tu parles à la 2e personne comme si ce n’est pas toi, que tu ne veux pas que ce soit toi.

 

Septembre à Décembre

Les mois les plus remplis. Trop pour les considérer un à la fois. Paradoxal. Vouloir trop en faire pour ne pas perdre son beat d’échange. Se rendre compte que se tenir occupée ne signifie pas de mettre en péril sa santé physique, mentale, voire sociale. Comprendre des nuances, des situations que tu pensais alors maîtriser, mais où tu t’es rapidement retrouvée esclave de tes propres ambitions. Les yeux plus gros que la panse. Tout pour combler l’ennui. Pour le fuir, lui livrer bataille. Le vaincre. À ses propres dépens.

3 comités hétéroclites. Les pratiques et les cours des JDC. Travailler. Étudier (la nuit). Ruiner son horloge biologique. Gaspiller des amitiés non entretenues. En prendre beaucoup sur ses épaules. Stresser. Avoir comme seule hâte que la session finisse. Quand chaque jour qui passe est un jour de moins à barrer sur ton calendrier. Quand une to-do list te mène par le bout du nez. Faire des comptes à rebours pour tout et pour rien. Question d’avoir un espoir sur lequel s’appuyer, sur lequel respirer. Une lumière au bout du tunnel dans toute cette poisse, cette angoisse.

Countdown, meltdown, breakdown.

Réussir quand même. Là où les notes comptent. Là où le regard d’autrui te guette. Remporter 2 bourses aussi. Une certaine fierté non dissimulée. Mais échouer dans son orgueil, dans son estime personnelle. Avoir le tournis. Avoir mal. Se raisonner. Ne pas laisser tomber. Ta meilleure amie et ton copain virent ensemble à Vienne ? Pff, pas grave. Pendant ce temps, tu n’as qu’un rapport à rédiger, un pitch à préparer, une réunion (ou deux ou trois) à laquelle assister, un dossier d’industrie à monter, une myriade de questions de Défi Lumière à composer, autant de commanditaires à contacter, une grand-mère à l’hôpital à visiter, des lectures à commencer, une vitalité à conserver. Easy shit. Un esprit sain dans un corps sain, dit-on. Concept à réviser.

Je sais, je m’apitoie sur mon sort. Or, j’en suis l’unique responsable. Je m’en veux. Terriblement. Je l’assume. Avec humilité. Déborder d’énergie pendant une moitié de l’année et s’éteindre durant l’autre ? Je me sens robotique, programmée. Au party de fin de session, cela faisait 2 mois et demi que je n’étais pas allée dans un bar. Allez savoir. Je suis morne. Je suis beige. Quand ton surmenage te rattrape et que tu tombes malade le jour de Noël. De la fièvre, mais pas de tourtière. S’exiler au chalet. Hiberner. Reprendre ses forces. Remercier et tourner la page.

 

À présent, 2013, à quoi ressembleras-tu ?

Jeux du Commerce, dernière session du baccalauréat, Grenoble et Paris rejoindre son prince d’autrefois, quitter son emploi actuel, le Bal, graduer, se trouver une job de grande personne (?)/commencer une maîtrise (?).

Des pages blanches.

De l’imprévu. Une appréhension. À pallier, à combattre.

Que réservent les prochains 365 jours ? Sauront-ils être à la hauteur ?

J’en doute.

Je touche du bois.

2013, éberlue-moi.

Montréal, je suis de retour.

Après 165 jours sans avoir mis un pied dans la métropole montréalaise, je me retrouve du jour au lendemain avec les deux bien ancrés au sol. 

Durant les dernières 48 heures:

  • J’ai passé plus de 20h en ferry/bus/avion/auto/à l’aéroport.
  • Je prenais un petit déjeuner à Santorini avec vue sur la Caldera.
  • J’étais au Sofitel de l’aéroport d’Athènes pour un dernier souper et une dernière nuit.
  • Le coeur gros, j’ai laissé mon amoureux outre-mer. Les adieux les plus difficiles de mon existence.
  • J’ai fait escale à l’aéroport Charles-de-Gaulle, Paris.
  • J’ai trouvé ça insolite que tout soit en français, maintenant habituée à l’allemand. Les affiches publicitaires ne m’ont jamais autant fascinées. Néanmoins, mon cerveau est en mode English. Mes pensées sont littéralement dans la langue de Shakespeare, je mettrai bientôt la switch à off.
  • Je me suis fait demander mes papiers par les douanes françaises (même si j’arrivais d’un pays de l’espace Schengen), car je devais avoir l’air trop louche avec mes yeux rouges bouffis, mon allure exténuée et mon air hagard dans l’immense aéroport.
  • J’ai pris l’Airbus A380 pour la première fois.
  • J’ai trouvé que c’était une immense (belle) bête où trois passerelles permettent au flot de passagers d’y accéder, où les écrans de télé individuels sont plus larges et où l’espace entre le hublot et le siège est trop considérable pour s’y accoter et faire un somme.
  • J’ai voyagé à contre-sens 7 fuseaux horaires.
  • J’ai aperçu le skyline de Montréal, vu du ciel.
  • J’ai revu mes parents.
  • J’ai ouvert un réfrigérateur plus haut que moi.
  • J’ai eu droit à un très bon repas. 
  • J’ai dormi dans mon propre lit.
  • Je n’ai toujours pas digéré le fait que je sois revenue.

Je me sens vaciller entre deux mondes. 
Très étrange.
Dur retour à la réalité. 
La bulle européenne de l’échange a éclaté et, lentement, je redescends sur terre.

Par contre, la maison bleue au bord du Lac St-Louis ne me verra que très temporairement. Déménagement imminent sur Edouard-Montpetit, en face du CEPSUM où siègent massivement les étudiants.

Si je récapitule mon semestre à l’étranger:

  • Départ de Montréal: 9 février 2012
  • Arrivée à Vienne: 10 février 2012
  • Départ d’Athènes et arrivée à Montréal: 23 juillet 2012
  • 5 cours réussis à la Wirtschaftsuniversität Wien - Vienna University of Economics and Business
  • 14 voyages en Europe
  • 8 pays: Autriche, Italie, Belgique, Irlande, Hongrie, Allemagne, Croatie, Grèce.
  • 23 villes: Vienne, Linz, Graz, Zell Am See, Hallstatt, Salzbourg, Innsbruck, Güssing, Venise, Rome, Alghero (Sardaigne), Bruxelles, Ghent, Bruges, Dublin, Budapest, Berlin, Dresden, Split, Dubrovnik, Zagreb, Mykonos, Oia (Santorini). 
  • 10 amis venus visiter la ville impériale
  • 96 nouveaux amis internationaux sur Facebook
La fin d’une aventure.
La plus belle de toute. 
C’est quand on revient à un endroit où rien n’a bougé que l’on se rend compte à quel point on a changé.
Je vous reviens avec une chronique colossale sur mes observations des us et coutumes en Autriche. On discutera éducation, services municipaux viennois, alimentation, différences, etc. À suivre.
Dernière journée dans la ville impériale.C’est le temps des adieux donc Vienne, Auf Wiedersehen!
Tu as été merveilleuse.Tu m’as comblée, charmée.Danke für alles. Ich liebe dich. 
Maintenant, une dernière escapade dans les îles grecques et le retour à Montréal dans 9 dodos. Irréel. 

Dernière journée dans la ville impériale.
C’est le temps des adieux donc Vienne, Auf Wiedersehen!

Tu as été merveilleuse.
Tu m’as comblée, charmée.
Danke für alles. 
Ich liebe dich. 

Maintenant, une dernière escapade dans les îles grecques et le retour à Montréal dans 9 dodos.
Irréel.
 

Aventures dans le Burgenland, Österreich

Je passai la semaine dernière dans le Burgenland. Pas tout à fait la même attraction que Wonderland ou Disneyland, mais tout aussi sympa.

 


Le Burgenland ou « Pays des châteaux » est l’État fédéré d’Autriche, Bundesland, le plus à l’Est et le plus récent (depuis 1921, avant il faisait partie de la Hongrie). L’Autriche est composé de 9 États fédérés. Parmi les plus connus, on retrouve Vienne, mais aussi le Tyrol (et sa capitale Innsbruck), Salzbourg (et sa célèbre ville du même nom), la Styrie (dont la capitale est Graz, deuxième ville d’Autriche), la Haute et la Basse Autriche, etc. Le Burgenland partage des frontières avec la Slovaquie au Nord-Est, la Hongrie à l’Est et la Slovénie au Sud. Nous voilà situés. Contrairement à l’Ouest alpin, cette région importante pour la viticulture est généralement composée de plaines et de lacs. Un peu comme les Cantons-de-l’Est du Québec, mais avec des couleurs qui rappellent la Toscane italienne (il ne manque que les cyprès.)

 

Parmi les 7 districts du Burgenland, j’étais dans celui de Güssing (environ 27 000 habitants) et plus précisément dans le microvillage nommé Sulz (environ 350 habitants) à environ 1h45 de route de Vienne. J’étais dans ce « trou perdu très charmant », car la résidence principale de mon chum et de sa famille s’y trouve. Son frère et lui ont un appartement à Vienne, mais Sulz c’est home sweet home.

 

On arriva mardi en début d’après-midi. Il faisait chaaaaaud en campagne (35°C), on n’y échappait pas, mais les nuits étaient fraîches. En 1 minute 40 secondes de voiture, on traversa le village. C’est ridiculement minuscule, mais très pittoresque. On sent que le patelin a conservé son cachet d’antan. Tout le monde connaît tout le monde. C’est ben cute. On déposa nos affaires et tout de suite on alla se baigner dans un faux bassin/petit lac d’un gîte de voyageurs tenu par un ami de Matthias. On se détendit au soleil avec une bonne Radler en main, une mixture de bière et de limonade. À commercialiser davantage à Montréal s’il-vous-plaît.

 

On rentra et on joua au basket-ball (ils ont installé un carré d’asphalte et un panier de basket-ball dans le fond de la cour, vraiment cool) avec le jeune frère (11 ans) de Matthias qui joue dans une équipe à l’école. Team Matthias/Catherine gagna 5 paniers contre 4 et je dois quand même dire que moi, ma grande taille et mon talent incontestable dans ce sport comptèrent deux paniers, merci. En soirée, on commença un film, mais vers 22h une sirène se fit entendre dans tout le village. Une alarme de feu. Matthias partit à la course. Il m’avait dit plus tôt en passant devant la caserne volontaire du village qu’il avait sa formation de pompier, donc qu’il était obligé de répondre en cas d’urgence. C’était un feu dans le village voisin d’une grange en bois inhabitée qui avait brûlé avant même que les pompiers du village même ne soient arrivés sur place. Bref.

 

Le lendemain, on passa l’après-midi à un assez grand lac artificiel. J’étais beaucoup trop contente d’enfin pouvoir faire des longueurs. Faire du sport en échange, c’est un concept à revoir. On nagea, plongea du quai, fit du pédalo, bronza. Petite vie, pas de stress. C’est enfin les vacances ! Mon dernier examen était le 29 juin, bigre !

 

Le jardinier à l’œuvre

 

Kobi, le roi de la maison (qui a fait fuir les deux chats et qui fait constamment peur aux lapins dans leur enclos du jardin.)

 

Il est bien aimé quand même.

 

Au crépuscule, on visita ce que tout le monde nomme la « maison hantée ». Décrépite, hôte de chauves-souris et ancien lieu de prédilection pour les rencontres de jeunes, elle est à vendre pour une bouchée de pain : 1€, mais avec la promesse de la remettre à neuf, donc d’investir des millions. Avec ses 3 étages et un sous-sol sombres et poussiéreux, ce manoir n’inspirait pas confiance, mais j’y fus « contrainte ».

 

Un autre jour, nous allâmes dîner avec la famille dans un Buschenschank. Un peu comme un Heuriger qu’on retrouve en banlieue viennoise. La particularité qui le différencie d’un restaurant standard est dans le fait que toute la nourriture servie est produite par l’endroit lui-même. Toutes les viandes, saucisses, pâtés, légumes, pain, œufs, jus, vin, tout est fait homestyle. C’est vraiment délicieux et les assiettes sont ridiculement énormes pour un coût dérisoire.

Matthias et moi nous rendîmes ensuite au seul point d’attraction touristique de la région, soit le château de Güssing qui se trouve sur une colline et qui date de 1157 (juste un petit peu plus vieux que les 400 ans de la ville de Québec, mettons.) La vue sur la région est splendide.

© www.n-tv.de

Le soir, il y avait un BBQ au bâtiment de l’association de « jeunes » du village, le Jugend Sulz. En fait, il faut que tu aies au moins 15 ans (limite inférieure) et que tu ne sois pas marié (limite supérieure) pour en faire partie. Ils ont construit la bâtisse eux-mêmes il y a une dizaine d’années et depuis, tout le monde se retrouve là-bas. Le genre de repaire où tu n’as plus besoin d’inviter tous tes amis chez toi, car anyway tout est là : télévision, DVD, jeux vidéos, baby-foot, sofa, terrasse extérieure, barbecue, innombrables réserves d’alcool en tout genre (plusieurs événements sont organisés à chaque année et l’association se retrouve toujours en surplus dans son budget). Pas pire pour la vingtaine de jeunes qui fréquentent l’endroit.

 

Samedi matin. 6h AM. TUUUUUUT UTTTTTT. Une autre alarme de feu. Un toit qui brûlait dans un autre village voisin. Les habitants n’étaient heureusement pas dans la maison. Matthias me dit en revenant que je porte malheur, car normalement c’est très rare. Deux feux en cinq jours c’est effectivement ce que j’appelle très rare. En début de soirée, le mini village reçut une partie de football (soccer) sur son terrain. L’équipe championne de la Bosnie, soit Sarajevo, contre Mattersburg, une équipe de la première ligue en Autriche. Les petits étaient bien contents de voir les joueurs qu’ils voient à la télé et se précipitaient pour faire autographier leurs chandails. C’était beau à voir, car bien que ce n’ait pas été le plus gros calibre européen, pour le hameau qu’est Sulz, c’était très bien. Normalement cela coûte 20 000€ faire venir jouer ces équipes, mais il y aurait eu un déficit colossal. Puisque la compagnie du père de Matthias commandite l’équipe autrichienne, il a pu les faire venir jouer ici et tout l’argent (billets, bouffe, drinks, tombola) devint profit net pour le club de foot du village. L’ambiance était drôle. Personne n’avait vraiment à cœur l’issue de la partie. 1-0 Sarajevo, juste pour dire.

Et après, tout le monde buvait ensemble, jeunes et vieux, paternels et progéniture. Je n’arrêtais pas de me faire payer des verres (en plus que Matthias était barman bénévole), mais apparemment c’est une tradition de toujours avoir un verre à la main et tu es toujours mieux d’accepter, de boire quelques gorgées et de déposer ton verre par la suite. La mère de Matthias m’encourageait à user de ce stratagème tandis que le père s’assurait constamment que j’aie un verre en main. Écoutez, ma soirée était trèèèès complexe et difficile à gérer… Le comptoir abondait en verres au 2/3 plein. Une belle soirée où je rencontrai également des amis de Matthias. 80% des jeunes étudient à Vienne. Ils rentrent en campagne les fins de semaine durant l’année scolaire (comme Matthias qui jouait dans l’équipe de football chaque samedi) et pendant l’été pour relaxer, voir la famille et les amis. J’ai aussi rencontrée « l’athlète/la fierté du village ». Elle s’appelle Julia Dujmovits, 25 ans, et elle est souvent sur les podiums mondiaux de compétition de snowboarding. Vraiment sympa. Grosse compétition à Stoneham, Québec en février d’ailleurs. Elle revenait de Maui, Hawaii où elle s’était entraînée en surf. Cette fille c’est du pur muscle.

 

Dimanche, on dîna chez les grands-parents. Honnêtement, je ne me rappelle pas avoir été gavée de la sorte dans ma vie par la Oma. C’était l’équivalent d’une tablée à la cabane à sucre en quantité et en calories, mais pour six personnes. Oh lala, rude coup pour le body pour la Grèce, dira-t-on. Le Opa était des plus mignons. En sortant de la salle à manger, il était assis sur sa chaise avec un cadre d’une photo de lui plus jeune entre les mains. Littéralement là, à m’attendre. Pour me montrer combien il était bel homme jadis. J’entendis Matthias pouffer de rire et tout de suite je dis d’un ton réconfortant au grand-père : « Sehr schön » (Très beau).

 

On écouta la finale Wimbledon. Federer, champion pour une 7e fois. Puis, dernier souper de grillades et diverses salades sur le patio avec la famille Gerbavsits.

Fin de mes aventures burgenlandiesques.
Ça change de l’air de la ville.

 

On rentra à Vienne tard dimanche soir. Derniers jours dans la métropole.
Dimanche, je pars pour la Grèce.
Et je ne reviendrai point ici.
J’appréhende. Grosse frousse.

 

 

Today is a sad day.
Ce matin, je suis rentrée à la résidence pour pleinement réaliser que ma coloc était retournée à Liverpool. :(
Hier, c’était notre dernière journée ensemble. Nous sommes allées, avec sa soeur jumelle et notre amie Véro, au Café Sacher pour une dernière Sachertorte
Totalement l’archétype du touriste à Vienne, mais sur la terrasse au soleil avec notre morceau de gâteau et notre crème fouettée, c’était bon. 

Ça m’a vraiment fait bizarre.
Ça m’a rappelé le début de la session en février où j’avais rencontrée Leah 5 jours après mon arrivée. 
Cette fois-ci, c’est la même situation, mais inversée. 5 jours à Haus Panorama sans elle. La différence réside dans le fait, qu’à la fin, c’est moi qui part de la résidence, et non elle qui arrive.
La fin approche, ouch

23 juin aujourd’hui? 
Littéralement UN mois restant en Europe.
Il y avait des larmes dans le coin des yeux ce matin. 
Mon chum riait de ma gueule. Pas de support moral hein, pfff

Mélancolique, je retourne me consoler avec ma salade de fruits et mon pot de crème glacée. (Au moins c’est l’été.)
Et étudier, car il y a juste moi pour avoir mon examen le plus difficile le vendredi 29 juin, tout dernier jour de la session.
Juillet sera festif, beaucoup. Et triste, un peu.

La Croatie, un aperçu.
Split, Dubrovnik, Zagreb.
Du 15 au 19 juin 2012.
Coup de coeur pour ces joyaux de l’Adriatique.

Vidéo 2/2

Celui-là c’est parce que dans le fond je ne m’ennuie pas tant que ça.
Ma vie en échange se compare à l’Eden.
Les gens, les voyages, la ville impériale. 
Telle une princesse dans son conte de fées. 

Vidéo 1/2

Celui-ci c’est parce que parfois je suis un peu nostalgique de Montréal.
Oui oui, ça m’arrive.
Surtout ses terrasses en période estivale.
Et ses habitants. 

je me cultive.

Le jeudi 7 juin 2012, journée de congé en Autriche. La Fête-Dieu je crois. 
13 jours fériés dans ce pays. Comprendre: tout est fermé, sauf les attractions culturelles et touristiques.
Quand ce n’est pas la Fête du travail du 1er mai, c’est l’Ascension du 17 ou le lundi de la Pentecôte du même mois. Ouais bon, tranquille.
Eh bien moi je baptisais ma journée “Deux découvertes de la culture viennoise”.

Le Wiener Philharmoniker jouait gratuitement à 21h dans les jardins de Schönbrunn. L’Orchestre philharmonique de Vienne est considéré comme l’un des plus prestigieux du monde. Vienne, ville de la musique où Mozart, Beethoven, Haydn, Schubert, Brahms, Liszt, Mahler et autres ont vécu.
Un sacré répertoire! 

Pour vous donner une idée:

Le Philharmonique de Vienne s’est vu conférer le titre de meilleur orchestre européen par les éditorialistes de sept publications musicales, deux stations de radio et un quotidien lors d’une enquête menée en 2006.

Entendre le philharmonique de Vienne relève du tour de force. En tournée internationale, le prix des places est au moins le double de celui payé pour entendre un orchestre local. Au Musikverein, tous les concerts sont annoncés complets sur le site de l’orchestre. La liste d’attente pour les concerts d’abonnement en semaine est de six ans et de treize ans pour les abonnements en week-end.

© Wikipedia

PLUS DE 100 000 SPECTATEURS.
Comme la manif du 22 mars à Montréal. Genre.
http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201204/21/01-4517612-manif-du-22-mars-combien-etaient-ils.php

Moins les carrés rouges.
Et pour une différente cause.
Philanthropic, philharmonic.
Ouais bon, j’arrête avec l’actualité québécoise. Vous en entendez assez parler.

Jugez par vous-même plutôt:

© Image tirée de la page Facebook du Vienna Tourist Board.

On y était 1h30 en avance, il n’y avait pas trop de monde encore. Au passage, on découvra même de nouvelles ruines dans le parc du palais.

Autant de jeunes que de vieux moins jeunes s’amassaient pour venir écouter de la musique classique. Rare. Beau. Pendant ce temps, la même populace d’une certaine belle province (et d’autres contrées portées sur l’événement) s’amalgamait pour le Grand Prix du Canada, la formule 1 dans la métropole montréalaise.
Okay c’était peut-être pas le même niche market mettons, j’admets.
De surcroît, ici c’était gratuit. La bourgeoisie accessible. Quoique la F1, bourgeoise? Hmpf, léger doute.
Comme de fait, mon amie Aurélie publiait hier sur le blog d’Urbania un article juste assez désopilant à ce sujet.
http://urbania.ca/blog/3145/ce-que-je-ne-comprends-pas-avec-le-grand-prix
Chaque ville a son vacarme. Chacun vaque à ses activités. Ainsi va le monde.

Pour éviter le bain de foule, on alla sur la côte de la Gloriette au fond. Bonne et mauvaise décision. On ne suffoquait pas et on était assis (tous ceux en bas était debout - faute d’espace, de gravier plus ou moins confortable et, surtout, de la formelle interdiction de mettre les pieds sur les plates-bandes de Princesse Sissi.) Le truc c’est qu’on entendait plus le vent que la musique. On se rapprocha et on entendit quelques airs. J’en étais ravie, mais puisque mon niveau de commitment était loin de son paroxysme et que je voulais éviter l’embouteillage monstre vers le métro, je partis avant la fin avec quelques amies. Somme toute, la soirée fut belle. La météo, clémente. Le jeu de lumière, saisissant. La foule, distinguée. L’atmosphère, fébrile.

En matinée, Leah et moi étions allées au Kunsthistorische Museum, le Musée des beaux-arts.

Très vaste. Majestueuses collections.

Vestiges d’Égypte avec sarcophages, papyrus, ornements muraux pi toute.

Antiquités grecques.

J’aimais particulièrement la décoration des salles elles-mêmes.
Plafonds:

Et planchers. Ici, représentation du labyrinthe de Thésée et du minotaure.
 

Le hall principal où l’on peut accéder au second palier et à la Galerie des peintures.

On s’arrête à une balustrade. Le “Pont de Gustav Klimt”. Quelques unes de ses oeuvres sont blotties entre les colonnes.

Les chefs-d’oeuvre se succèdent. Rubens, Rembrandt, Le Titien, Velázquez et autres maîtres néerlandais, flamands, allemands, italiens, espagnols et français.

L’été de Giuseppe Arcimboldo

La tour de Babel de Pieter Bruegel

Parfois, les salles s’avèrent un tantinet trop surchargées…

Le dôme central en quittant.

Somme toute, ce fut une journée très concluante.
Bien d’autres à venir.

Passez une bonne journée, tschüss

les petits plans des deux prochains mois

Il me reste deux mois en Europe.
Encore deux cours, deux séances de classe auxquelles assister, deux examens et deux rapports à remettre. 
Pas trop agréable, mais échange ÉTUDIANT après tout, eh. 

Présentement, je suis dans un petit appartement à Golling dans le sud de Salzbourg pour une semaine avec père et mère. Salzbourg, ville de naissance de Mozart, qu’on visitera demain. Et dans les prochains jours: Hallstatt, Innsbruck et/ou Munich, entre autres. Un peu du pays, toujours plaisant. 

Ensuite du 31 mai au 3 juin, on entre en mode plage à Alghero en Sardaigne, Italie avec trois amies d’ici. Du soleil, on l’espère. Détente assurée, bonne bouffe italienne, hôtel au bord de la mer pi toute.

Du 15 au 19 juin, ce sera la Croatie avec Véro et Leah. Zagreb, Split et Dubrovnik. Tout est booké. Vraiment très hâte.

La cerise sur le sundae sera la Grèce du 15 au 23 juillet avec Matthias. Mon vol de retour à Montréal est le 23. Athènes-Paris-Montréal. Ce sera le plus triste trajet de mon existence. Autant je sais que c’est la meilleure fin d’échange possible autant je n’anticipe définitivement pas les adieux. Dans deux mois. Déjà? Ou encore loin? Je tergiverse. Carpe diem.

On a tout réservé hier soir, je vous partage mon excitation.
Pour vous rendre un tantinet jaloux.
Dernier voyage. On se gâte un peu.
http://www.panormosvillage.gr/mykonos/index.html
http://www.ellinonthea.gr/index.php?lang=en 

Okay ce sera tout.
La vie est belle. 
Je me tais, tschüss.

le printemps viennois

Récemment je n’ai pas tant voyagé.
J’étais (relativement) sage et je profitais de la cité impériale. 

Comme essayer une pâtisserie chez Demel.

Comme mieux “saisir” la ville et redécouvrir ses classiques.

Rathaus (hôtel-de-ville)

La Gloriette

Karlskirche

Stephansdom et son jeu de vitraux

Stephansplatz: Quand le moderne reflète l’ancien

Comme témoigner de l’éclosion des tulipes.

Comme recevoir ses amis de Montréal à tour de rôle.
Laurence qui étudie à Milan, Annie-Claude, à Dublin et Gabriel, à Prague. Tous du HEC.

Geneviève, mon amie d’enfance, qui étudie en ingénierie en banlieue de Paris.

Catherine du HEC qui étudie à Bath.

Gabrielle qui étudie à Edimbourg.

Hugo du HEC qui étudie près de Koblenz en Allemagne. Et ses 10 shots/20€.

Et ses parents aussi.

Comme visiter la collection de l’Albertina.

Comme faire de la poutine avec des amies québécoises.

Comme se promener au marché de Pâques de Schönbrunn.

Comme flâner dans le coin de la Karlskirche et du Belvedere.

Comme essayer la fameuse sachertorte du célèbre Café Sacher.

Comme célébrer ses 21 bougies avec ses amis.

Comme essayer un lunch dans un bistro français, Le Bol sur la Neuer Markt. Très chouette.

Comme parfois admirer les couchers de soleil depuis sa chambre de résidence.



Comme sortir avec les copains et copines.



Comme se prélasser un après-midi au bord du Danube.

Comme aller à un party d’appartement du genre qui se fait rare à notre âge.
100 personnes, gros kit de DJ, dancefloor, bref des locataires qui fêtent en grand leur départ pour des maîtrises à l’étranger. 

Les Love Soldiaz (ils ont décidé de ce surnom de boys band lors de notre roadtrip à Berlin et Dresden où l’on chantait les Backstreet Boys à tue-tête dans l’auto. Mais çaaaa c’est une autre histoire. Assurément, je suis leur groupie no. 1.)

Je vous laisse sur ces images. 


Le cocktail stand de la WU. Oui oui. Juste devant l’école. Des bières, des cocktails, des margaritas, des daiquiris, des…
Littéralement, tu peux prendre un verre juste avant d’assister à ton cours. Ou juste après. Le tout encouragé par l’université. Juste à Vienne.com
Un professeur d’International Strategic Management qui invite toute la classe (une vingtaine d’étudiants) pour une bière après l’examen final est aussi très remarquable. Juste à Vienne2.com

Moi j’aime le printemps viennois.
Plus que le printemps érable québécois?

La Belgique : Bruxelles, Gand et Bruges

Début de l’écriture : Lundi 23 avril 2012 (Voir chronique suivante pour comprendre ce retard massif.)

Un soleil plombant m’aveugle presque. Une brise fraîche, mais légère. Pas de manteau, un pull seulement. Une tranche de pizza maison de la boulangerie du coin. Le raffut des étudiants en pause qui bavardent et se prélassent sous le zénith de midi. Je suis bien. Tellement que j’en oublie presque l’examen fiasco de ce matin. International Macroeconomics, sur 8 points seulement. Peu de place à la prose libre et à la tergiversation, tu le sais ou tu le sais pas hein, that’s it. Des questions pernicieuses pour une qui s’était pourtant fait un super beau résumé. Pour un cours pass or fail, je me force quand même un peu. Question d’orgueil. Et le fait qu’un relevé de notes ça perdure ailleurs qu’au B.A.A. Genre pour l’admission à toutes les maîtrises dans le monde, même celles du HEC. Mais manifestement, tracer les graphiques de l’offre et de la demande agrégée sur la situation avant, pendant et après (à court et moyen termes) de la crise économique en Grèce, ce n’est définitivement pas ma tasse de thé. Tout en incluant les politiques fiscales, cela va de soi. Économie, je ne kiffe pas sur toi. La hausse du prix du pétrole expliquée par le labour market model n’est pas trop évidente non plus. Inclure des termes tels que real wage et unemployment rate dans ton explication résulte à un peu de bafouillage pour les intégrer avec oil barrel et price-setting relation mettons.

C’était mon tête-à-tête du matin. Maintenant, c’est assise sur un banc dans la cour de l’université que j’écris. Et tantôt c’est avec mon dernier cours de International Marketing and Management que je passerai mon après-midi. Ça fait longtemps que je n’ai pas rédigé une chronique de voyage, il me faut remonter loin. 40 jours environ. C’est fou ce qui peut se passer durant ce laps de temps. Moïse confirmera. C’est bref et long à fois. Comblé aussi. Pour ne pas écrire un blog pour lequel je suis censée être assidue, you know.

Je suis de l’école de commencer par le commencement. Du 8 au 11 mars, je suis donc en Belgique. Premier voyage organisé par soi-même. Deux nuits à Bruxelles, une à Bruges et deux dans le bus. Je suis accompagnée de deux amies : Katie du Wisconsin et Carolina de Buenos Aires.

Comment bien résumer notre escapade en sol belge?
« In Belgium, we were walking or eating. When we weren’t walking, we were eating. » - Katie, de façon très élémentaire mais criant de véracité. Les spécialités belges ont eu raison de nous.

On part en bus de nuit à 7h30 PM. Arrivée prévue le lendemain à Bruxelles à 11h AM. Oui, c’était long. Et dire que ce bus partait de Budapest donc à 4h30 PM et se rendait jusqu’à Londres. 24h dans un bus, genre. Ou moi-c’est-sûr-que-j’aurais-pris-l’avion-si-j’avais-fait-ça, c’était assez pénible de même. Nos têtes dodelinent, on s’endort. Et on se réveille à chaque deux heures lorsque le bus fait arrêt et que le chauffeur juge bon de crier en hongrois dans le microphone qu’on fait une pause. Il y a quand même certains avantages à voyager en bus : Rouler sur l’autoroute agit davantage à titre de somnifère que la chute de pression ressentie en avion. Les sièges sont plus moelleux. Et tu n’as pas à te pointer deux heures en avance pour prendre un bus. Mais certes, le trajet est interminable. Surtout quand on ajoute une vérification de passeports à minuit en Allemagne. En effet, on se fait apostropher par une BMW noire. Pas de gyrophares. Une police classe. Deux gaillards entrent dans le bus, prennent les passeports du trois quart des passagers et retournent dans leur bagnole. 10 minutes passent. Puis 20. Puis 30. Apparemment les Canadiens, les Américains et les Argentins ne se font pas vérifier. Un homme d’environ 35 ans se fait fouiller de fond en comble. Ils vident ses poches, fouillent ses sacs, sa valise, son porte-monnaie, son paquet de cigarettes. Ils viennent en chercher un second, un type d’environ 25 ans. Sans sac. Ils l’emmènent avec eux dans la voiture. C’est suspect. On repart. La BMW a déjà vite déguerpi. On se rendort. On pourrait croire à un rêve.

Tu sais que tu approches de la Belgique quand la radio du chauffeur de bus se met à jouer des chansons francophones. Bon, ce n’est pas Brel, mais quand même. Tu sais que tu es entré en Belgique quand les pancartes routières sont maintenant en français. 10/10 en logique. Tu sais que tu trouves la Belgique assez amusante quand tu te rends compte que l’affichage dans les rues est bilingue français/flamand mais, puisque ce n’est pas tellement traveler friendly, il y a un certain pourcentage en anglais aussi. Tout sur une même pub. On sort du bus finalement(!) à la Gare du Nord de Bruxelles. 10-15 minutes de marche et on est au hostel 2GO4 (ça nous a pris un bon 24h avant de catcher que c’est en fait To Go For. On disait comme des bêtas Two Gee Oh Four.) Bien situé, à une douzaine de minutes de marche de la grand-place. On marche justement dans cette direction et on arrête dîner en route. Moules&Frites, spécialité belge 1. J’ai un petit velours à entendre C’est pas l’homme qui prend la mer de Renaud dans le restaurant.

La grand-place est fidèle aux images qu’on lui connaît avec de riches fioritures et un peu de doré. J’ai aimé.

On continue la balade. La murale Tintin, le Manneken Pis, le plus grand Palais de justice au monde (assez imposant, plus vaste que la Basilique Saint-Pierre de Rome), la Place royale, la place de l’Albertine, le Palais royal, les Galeries royales St-Hubert.

Aujourd’hui, on a couvert le centre et la partie sud de la ville. Une gaufre pour terminer le tout, spécialité belge 2.

Ce soir-là, on sort au Celtica (Bière à 1 €, recommandé par notre carte). En haut, il y a une discothèque, mais je n’ai jamais vu une foule sketch de même. On redescend vite au niveau bar. On se fait zieuter un peu et il y a quelques murmures… que je comprends très nettement évidemment. Pas de barrière de langue icitte. On voit bien qu’on n’est pas des habituées. Deux hommes de 40 ans viennent s’asseoir à côté de nous et y restent pendant une quinzaine de minutes alors qu’on fait complètement fi d’eux. Un jeune de notre âge, peut-être un peu plus vieux, qui est là avec ses potes vient nous demander si on est célibataire. On entend presque les violons et leurs douces mélodies. Il se rend compte que je parle français et se demande comment puisque je suis chinoise. Je m’abstiendrai ici de commentaires. « Tu nous trouves moches ? Pourquoi es-tu en Belgique si ce n’est pas pour rencontrer des Belges ? » En sortant du bar, je lis sur ma carte Use-it – Free Map for Young Travellers Made by Locals (sérieusement les meilleures maps au monde qu’on trouve dans les hostels de certaines villes) que some locals come here looking for sweet and easy tourist love… Voilà qui explique tout. Very accurate map.

Le lendemain, on prend le métro et on se rend à l’Atomium, cette structure d’acier construite dans le cadre de l’Expo universelle de 1958 et qui représente les neuf atomes qui constituent le cristal de fer. On marche un peu dans cette région plus éloignée du centre. Rien de vraiment intéressant.

On retourne en ville prendre un sandwich qui me rappelle ceux de la Boucherie de Paris à Montréal, c’est merveilleux. Par la suite, on visite le Musée de la bande dessinée. Un musée francophone en grande majorité. Mettant en vedette mon idole Tintin. Il faut ici comprendre qu’en plus d’avoir lu et relu les albums depuis ma tendre enfance, mon projet d’intégration du programme collégial Sciences, Lettres et Arts portait sur Hergé. Son œuvre m’est donc totalement familière et j’étais full excitée de voir des exemplaires du Petit Vingtième, etc.

Plus tard en après-midi, on décide de faire la marche dans l’est de la ville que la carte recommande. The European Tour. On passe par de coquettes rues et de jolis squares avec étang et architecture typique Art Nouveau. On arrive au rond-point européen avec le Conseil européen et le Berlaymont, siège de la Commission européenne. Le Parc du Cinquantenaire est plaisant. On arrête prendre un cornet de frites&mayo, spécialité belge 3. Et on finit le tour avec le Parlement européen. On fait un détour par la cathédrale et on rentre.

Ah oui, j’arrête aussi dans une boutique de guides de voyage pour voir si je ne pourrais pas me trouver un petit guide sur Rome ou Berlin. J’en feuillette deux ou trois quand soudainement j’entends une petite voix sévère « À chaque fois que vous ouvrez un libre, vous l’abîmez. » Même pas le subtil message « Puis-je vous aider ? » Désolée madame, mais ce n’est pas en accueillant les futurs voyageurs de cette aimable manière que votre clientèle se procurera vos bouquins. Surtout sans savoir ce que ceux-ci proposent. J’en prends un autre plus délicatement qu’une fine porcelaine et je sens son regard percer ma nuque. Mes amies confirment. Je quitte les mains vides.

Il serait scandaleux d’aller à Bruxelles sans arrêter au Délirium, bar mondialement connu avec plus de 2000 bières, dont 25 en fût. Grosse industrie, superbe ambiance. Si vous souhaitez vous réconcilier avec la bière, goûtez à la Floris. Il y en a une douzaine et elles sont toutes aux fruits, je recommande. Je rencontre Hugo, un de mes amis du HEC qui étudie à Vallendar, près de Koblenz, en Allemagne. Boustifaille de fin de soirée : une autre gaufre, spécialité belge 2.1.

3e jour. On part en train de Bruxelles pour Bruges et on arrête en route à Gand (Ghent) pour une couple d’heures. 16,60 € au total pour le trajet Bruxelles-Ghent-Bruges-Bruxelles et à n’importe quelle heure. Nous sommes en région flamande; ça parle flamand (néerlandais). Le ciel est grisâtre, il y a quelques averses dispersées. La ville est assez médiévale, on se promène un peu dans le centre historique et on visite un château.

Puis, Bruges est un coup de cœur immédiat. La Venise du Nord. L’architecture et les canaux, c’est splendide. Certainement ma ville préférée du voyage. On va porter nos sacs au Snuffel Backpacker Hostel avant de déambuler tranquillement dans les rues. La grand-place, le mur de bières et l’église Notre-Dame (où l’on retrouve la statue de la Vierge et l’Enfant, seule sculpture de Michel-Ange à avoir quitté l’Italie de son vivant). On arrête aussi acheter de succulents chocolats, spécialité belge 4.

Le lendemain, on a droit à un petit déjeuner frugal, mais gratuit du hostel. Ce sont les premières toasts que je mange en Europe à date. Un petit plaisir de la vie qu’on apprécie, hein. On marche partout dans la ville. Il y a très peu de monde dans les petites rues, c’est paisible et agréable. On va voir les moulins, on s’assoit sur un banc pour admirer une vue. On apprécie. Dernière gaufre avant de partir, spécialité belge 2.2. Et dernier cornet de frites&mayo, spécialité belge 3.1. (Ouais, une chance que je n’ai pas de balance dans ma résidence.) On mange le tout au soleil sur la grand-place. La vie est belle.

Et les cygnes nous disent au revoir.

Retour à la gare de Bruges. Retour à la Gare du Nord de Bruxelles. Retour dans le bus. Même trajet déplaisant. Avec un contrôle de passeports à 1h40 AM cette fois. Je n’arrive pas à me rendormir par après, une heure peut-être. Le bus devait arriver à 7h15 AM, donc mon alarme sonne à 6h45 AM. Comme il y avait beaucoup de trafic, on arrive à 9h AM. J’ai un cours à 10h AM. Je cours de l’est de la ville jusqu’au nord. Je passe à ma résidence, mes amies vont dormir. J’arrive à l’université. Je ressemble à une loque humaine. Avec plein de beaux souvenirs en tête qui sont finalement racontés.

P.S. Quand je serai en vacances, je promets d’aller m’installer dans un de mes jardins ou parcs préférés et d’écrire toutes mes chroniques de voyage. Autant pour vous que pour moi, c’est le meilleur moyen de partager et de conserver ces mémoires. D’ici-là, à la bonne suggestion de mon amie Fred, je pense que je vais écrire plus régulièrement ce qui se passe ici, à Vienne, et retourner dans le temps quand j’en aurai le temps, voilà tout.

je suis terrible.

Oui bonjour. Je sais, je suis terrible pour garder un blog à jour.
Surtout quand je vois Père en train de faire le tour de la Slovaquie, Pologne et Slovénie qui écrit quotidiennement sur le sien.
J’ai commencé à écrire mon blog de la Belgique. “Tsé le voyage que j’ai fait début mars?” Mais là mes parents étaient à Vienne la semaine passée, j’avais un oral en international strategic management à préparer et un projet en global branding à remettre. Et la semaine précédente, j’avais une autre amie ici. Mais là les cours se sont accumulés eux aussi. Autant que les chroniques qu’il faut que j’écrive et que je ferai, coûte que coûte. Et la température a été plus que clémente (moyenne de 27°C ces deux dernières semaines), donc j’étais plus dehors que devant mon ordinateur. 

Que des excuses. Pardon.

En attendant, voici les photos de mon Printemps viennois. 
Vous y trouverez les photos de la célébration de mes 21 bougies, la ville autour de Pâques, la semaine de relâche lors de mes quelques jours en ville, le Belvédère dans sa toute sa splendeur, une après-midi au soleil au bord de l’eau sur la Donauinsel et un peu de la visite de la ville avec mes paternels.

La visite de plusieurs amis aussi. Annie-Claude, Laurence, Gab de Varennes, Geneviève, Cath (gentiment rebaptisée 2.0 par mes amis d’échange) et Gab Chamberland. Sympa de tous vous avoir ici. Le nombre de fois que j’ai fait le trajet Stephansdom, Graben, Kohlmarkt, Hofburg, Neue Berg, Maria-Theresien Platz, Museums Quarter, Ringstrasse (parlement, Rathaus, Burgtheater et université) dépasse facilement les doigts de la main. Plus besoin du guide Voir de Vienne. Je connais les dates et les événements importants de ces rues et bâtiments. Guide touristique dans l’âme.

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En attendant, il est tard ici. Je dois retourner étudier. Deux examens (un lundi, un mardi) et un oral vendredi. Parfois, l’échange c’est pas trop le fun. Hugo, un ami du HEC, débarque en ville cette semaine. Décidément, la ville impériale s’avère populaire.

Highlight de ma journée: Billet d’avion pour la Grèce, acheté. Du 15 au 23 juillet (date de retour à Montréal, mon billet était booké à partir Athènes avant même que je ne parte en échange), je ferai donc un peu de island hoppingavec mon (appellation indéfinie) autrichien. Petite escapade à deux avant de rentrer au pays. Question de coûts (aller-retour versus simple aller), on ne prend pas le même vol. Il arrivera 30 minutes avant moi. Et alors on pourra dire kalimera aux Cyclades, aux plages et à la mer Égée turquoise! En attendant, je peux me consoler avec un tour de l’Autriche (Salzbourg, Innsbruck, etc.) avec mes parents dans deux semaines, la Sardaigne à la fin mai-début juin et la Croatie à la mi-juin. 

Décidément, la vie est dure.
Bises

Parce qu’ils arrivent demain.
Pour que je leur fasse découvrir la plus belle ville où vivre au monde.
Et pour me gâter un petit peu X