2012 tire sa référence. L’heure est aux bilans.
Adieu 2012.
Je ne suis pas de ces personnes qui tiennent un journal intime. Trop vaste devoir. Peu crucial. Pas assez d’assiduité. (En fait, connais-je même des gens qui en tiennent un vraiment ?) En revanche, une chronique de fin d’année me distrait. Se remémorer, (s’)approfondir. S’expliquer à soi-même.
2012, une année charnière à bien des égards. Les aventures, les projets. Tous ces rouages se sont imbriqués pour te galvaniser un curriculum vitae par-ci, mais aussi pour t’éclairer par-là sur ton caractère, tes ambitions et tes limites.
2012 se divise en deux actes.
Plusieurs tableaux.
Peu d’entractes.
Une année trop bien remplie.
Part 1. Idyllique.
Part 2. Chimérique. Tout faire, really ?
Janvier
Après une journée de ski à Bromont et autour d’un beau feu de foyer, quatre amies (communément appelées Les Beaux Dimanches – clin d’œil à la pièce de théâtre québécoise de Marcel Dubé) enfermaient les idées de leur avenir dans une boîte scellée. Sur un bout de papier, elles avaient indiquées, individuellement puis collectivement, où elles se voyaient à 30 ans au niveau carrière, vie personnelle, lieu de résidence, plus grand succès, pire échec. À ouvrir lors de leurs 30 bougies : même moment, même endroit, même situation c’est-à-dire avec un Fumées Blanches bien entamé. Cheesy, je l’accorde. Agréable somme toute. À peine en 2012 qu’elles envisageaient déjà 2021. Un peu de dyslexie, et on revient du pareil au même anyway.
- Puis, une semaine à Holguin, Cuba avec les paternels avant que je ne parte. Family primetime.
- Participer aux activités du HEC sans devoir y étudier.
- Resto ici, bistro là-bas. Beaucoup de Juliette et Chocolat. Pour revoir les gens.
- Skier.
- Entamer ses valises.
Février
- Goodbye party avec tous les amis. Dernier souper avec la famille.
- Major packing time.
Auf Wiedersehen Montreal !
DÉBUT DE L’ÉCHANGE À VIENNE, AUTRICHE.
La meilleure buddy qui m’accueille à l’aéroport. Linz. Party. Opéra de Vienne. Château de Princesse Sisi. Carnaval de Venise. Graz. Party. Prédrink. Party. Bar. Brasserie. Bar 2. Vie d’échange. Belles rencontres de tout partout dans le mooooonde #TropFou. Découverte de la plus belle ville au monde. Nouvelle maison.
Mars
- Semester kick-off party boat. Rencontre de M. Le plus beau Viennois. Pis le plus fin aussi. Pis le plus toute. Ouais, c’est ça. Le début d’une histoire.
- Le 5 annonce le début des cours. (Après que le HEC ait fini ses intras tsé.) Jamais une semaine ne ressemble à l’autre. La beauté des horaires de la Wirtschaftsuniversität Wien. Parfait pour les voyages. J’enchaîne donc, semaine après semaine, Bruxelles, Ghent, Bruges, la St-Patrick à Dublin avec les HEC party people égalementen échange en Europe, Rome. S’immiscent 3 présentations orales et 2 rapports. C’est du sérieux quand même. Trimballer son ordi en voyage et faire ses travaux sur les bancs d’aéroport. Y’en n’a pas de problème ! Élève modèle.
- 21 années. Étalées sur 4 jours et fêtées dans 3 villes, 3 pays. #yolo. Plein d’amis. Budapest, Vienne, Berlin, merci.
Avril
- Le meilleur roadtrip possible en Allemagne. 3 gars, 1 fille. Love Soldiaz and Groupie. Berlin-Dresden. Déambuler sereinement dans les cités. Autobahn en Audi 180 km/h standard, bars, fous rires.
- Skitrip à Zell am See. Les Alpes autrichiennes, rien de moins.
- Plein d’amis montréalais de passage dans la métropole. Plein de tours guidés.
- Le printemps sans érable viennois. Splendide ville. Je ne le dirai jamais assez.
- Il fait chaud déjà. Shorts, sandales, plage le long du Danube.
- Les parents arrivent. Je me fais gâtée, je me sens choyée.
Mai
- Un prof qui paye une tournée de bière à ses étudiants après son dernier cours. Un stand à cocktails sur le parvis universitaire. Décidément, l’Autriche surprend.
- Un mois intense au niveau scolaire. Staying in town. Plein de travaux. Étudiante après tout. Malgré tout.
- Roadtrip pittoresque à travers l’Österreich avec maman et papa. Hallstatt. Salzburg. Innsbruck. Voir du pays.
Juin
- Alghero, Sardaigne. Playaaaaa.
- Last class. Ouéééé
- Inéluctables visites de musées, parce que j’aime bien. Concert de l’orchestre philharmonique de Vienne en plein air à Schloss Schönbrunn.
- La Croatie avec la British et la Parisienne. Split, Dubrovnik, Zagreb. De beaux endroits. De beaux moments.
- Des 4@7 sur les balcons de la résidence. Gros luxe.
- Le départ de bons amis. Les au revoir sont pénibles, amers, consternants. Quelques larmes. Beaucoup de morosité.
- Fin du bail à Haus Panorama. Déménagement chez M.
- 29 juin, dernier jour possible de la session : Mon dernier examen évidemment, inexorablement.
- Deux amis de Montréal débarquent en ville. C’est la 3e fois que je les croise. L’Europe c’est un gros village. Débauche de fin de session. Viennese Nightlife. Où la ville vibre encore quand le soleil se lève. Profiter des vacances.
Juillet
- Entrevue et résolution de cas par Skype c’est-à-dire tenter sa chance pour le cas académique de Gestion des Opérations aux Jeux du Commerce. Mission accomplie. Ce sera une belle année.
- Une semaine dans le Burgenland, la campagne autrichienne au Sud de la capitale. Hameau de 350 habitants. Chez la belle-famille. Ich spreche ein bisschen Deutsch, ja. Découvrir l’accueil chaleureux et sous-estimé des hôtes autrichiens.
- Vivre comme une Viennoise 6 derniers jours. Mais agir comme une touriste. Pour revoir, pour refaire, pour regoûter. Pour exister. Aimer la ville. En être friande, éprise. Ne pas vouloir la quitter. Lui dire un triste adieu. Rempli de mélancolie. Le cœur serré.
- S’envoler pour la Grèce avec son homme. 8 jours de pur délice, de quiétude, de félicité. Mykonos et ses plages. Santorini et ses couchers de soleil. Des clichés. La quintessence du bien-être. Être amoureuse.
- Une éprouvante séparation. Des pleurs, des baisers, des lettres. Cette situation où tu marches, tu poses un pied devant l’autre, tu avances en regardant derrière toi, en voyant l’être cher devenir un ridicule minuscule petit point dans les méandres de la foule, de ton esprit vagabond. Tu te lamentes, tu sanglotes. Il s’estompe, disparaît. Ad vitam aeternam ? Tu l’ignores. Vague à l’âme, affliction, chagrin. Tu piétines, tu t’effondres.
Piètre lyrisme. Pardon.
RETOUR À MONTRÉAL. (Il faudra un certain temps pour la surnommer « maison » à nouveau.)
- Revoir ses amis de jadis. Surprendre sa meilleure amie qui te remplace au bureau. Puis le moment fatidique de Skyper. De voir ce que l’écran daigne te montrer. Un être virtuel. La nostalgie t’emporte. Le temps sera long, longtemps. Essayer de se changer les idées. Sortir. La vie goûte moins bon. Les partys sont plus moches. Les étoiles, moins brillantes. Ta vision s’est transformée. « C’est en revenant à un endroit où rien n’a bougé qu’on réalise à quel point on a changé. » - Nelson Mandela
- Tu essaies. Tu vas au chalet. Tu déménages en appartement. Tu noies ta peine dans des 45 heures de travail/semaine. Tu parles à la 2e personne comme si ce n’est pas toi, que tu ne veux pas que ce soit toi.
Septembre à Décembre
Les mois les plus remplis. Trop pour les considérer un à la fois. Paradoxal. Vouloir trop en faire pour ne pas perdre son beat d’échange. Se rendre compte que se tenir occupée ne signifie pas de mettre en péril sa santé physique, mentale, voire sociale. Comprendre des nuances, des situations que tu pensais alors maîtriser, mais où tu t’es rapidement retrouvée esclave de tes propres ambitions. Les yeux plus gros que la panse. Tout pour combler l’ennui. Pour le fuir, lui livrer bataille. Le vaincre. À ses propres dépens.
3 comités hétéroclites. Les pratiques et les cours des JDC. Travailler. Étudier (la nuit). Ruiner son horloge biologique. Gaspiller des amitiés non entretenues. En prendre beaucoup sur ses épaules. Stresser. Avoir comme seule hâte que la session finisse. Quand chaque jour qui passe est un jour de moins à barrer sur ton calendrier. Quand une to-do list te mène par le bout du nez. Faire des comptes à rebours pour tout et pour rien. Question d’avoir un espoir sur lequel s’appuyer, sur lequel respirer. Une lumière au bout du tunnel dans toute cette poisse, cette angoisse.
Countdown, meltdown, breakdown.
Réussir quand même. Là où les notes comptent. Là où le regard d’autrui te guette. Remporter 2 bourses aussi. Une certaine fierté non dissimulée. Mais échouer dans son orgueil, dans son estime personnelle. Avoir le tournis. Avoir mal. Se raisonner. Ne pas laisser tomber. Ta meilleure amie et ton copain virent ensemble à Vienne ? Pff, pas grave. Pendant ce temps, tu n’as qu’un rapport à rédiger, un pitch à préparer, une réunion (ou deux ou trois) à laquelle assister, un dossier d’industrie à monter, une myriade de questions de Défi Lumière à composer, autant de commanditaires à contacter, une grand-mère à l’hôpital à visiter, des lectures à commencer, une vitalité à conserver. Easy shit. Un esprit sain dans un corps sain, dit-on. Concept à réviser.
Je sais, je m’apitoie sur mon sort. Or, j’en suis l’unique responsable. Je m’en veux. Terriblement. Je l’assume. Avec humilité. Déborder d’énergie pendant une moitié de l’année et s’éteindre durant l’autre ? Je me sens robotique, programmée. Au party de fin de session, cela faisait 2 mois et demi que je n’étais pas allée dans un bar. Allez savoir. Je suis morne. Je suis beige. Quand ton surmenage te rattrape et que tu tombes malade le jour de Noël. De la fièvre, mais pas de tourtière. S’exiler au chalet. Hiberner. Reprendre ses forces. Remercier et tourner la page.
À présent, 2013, à quoi ressembleras-tu ?
Jeux du Commerce, dernière session du baccalauréat, Grenoble et Paris rejoindre son prince d’autrefois, quitter son emploi actuel, le Bal, graduer, se trouver une job de grande personne (?)/commencer une maîtrise (?).
Des pages blanches.
De l’imprévu. Une appréhension. À pallier, à combattre.
Que réservent les prochains 365 jours ? Sauront-ils être à la hauteur ?
J’en doute.
Je touche du bois.
2013, éberlue-moi.















































































































































